11th jan2012

SUPER étrange : Alice Madness Returns

by Kasilla

Vous connaissez Alice au Pays des Merveilles, le roman de Lewis Carroll* ? Sinon vous surement vu le dessin animé librement inspiré du roman par les studios Disney (sortie en 1951). Il raconte l’histoire d’une petite fille rêveuse qui s’imagine s’évader dans un monde fantastique où les animaux et les fleurs parlent, où les gâteaux font grandir et où tous le monde est un peu cinglé.

La particularité de ce conte réside dans le fait que l’on ne sait jamais vraiment si Alice rêve où si elle est réellement perdue dans ce monde étrange sans queue ni tête, où fini la réalité et où commence le rêve…

C’est sans doute pour cette raison que McGee a adapté cette histoire en jeu vidéo en  octobre 2000, avec son American McGee’s Alice. Multi-plateformes (PC/Mac/Xbox360, PS3), ce jeu d’action-aventure avait à l’époque fédéré une petite communauté d’adeptes de cette ambiance so gothico-malsaine à souhait (comme dans le magnifique The Path)…

Alice Retour au Pays de la Folie est donc – 11 longues années après – la suite directe d’Alice de McGee (McGee qui a participé à Doom, Quake, et les Sims et qui a repris plusieurs autres contes dans American McGee Grimm).

Car si dans le premiere opus, cette chère Alice avait la charge de sauver ce pays des merveilles sortie tout droit d’un rêve de Marilyn Manson, dans cette suite, on ne sait pas trop ce qu’elle cherche à y faire… peut-être juste fuir ? Car le jeu démarre de façon très étrange (je ne vous spoile que les 5 premières minutes promis !) : on s’échappe d’un orphelinat pour suivre un chat dans des rues londoniennes vintages… qui nous mènera un peu endroit où le voile entre réalité et Pays des ‘Merveilles’ se déchire, faisant chuter Alice en son sein…

Il semblerait donc plus que notre héroïne soit prisonnière de ce monde, même s’il elle semble si trouver plutôt à l’aise ! En effet, elle s’y balade en jolies robes de gothic-lolita (on en change plusieurs fois au cours de l’aventure) dans des environnements peu éclairés, glauques à souhait (avec chacun sa thématique) et qui rien qu’en les regardant, semble nauséabonds.

En claire, on retrouve cette ambiance malsaine déjà présente dans le 1er opus, mais avec des graphismes modernes de toute beauté. On y retrouve d’ailleurs cette version squelettique du Chat de Cheshire qui vous donne quelques indices en cours de progression.

Sur son chemin Alice – comme une petite souris – collecte des dents qui lui permettrons de faire évoluer ses armes (Vorpaline, moulin à poivre en guise de canon, bombes en forme de lapin blanc…). Mais elle retrouve aussi des souvenirs matérialisés, où elle entends des voix lui relater des évènements passé et très troubles… comme celle lointaine d’une mère la mettant en garde de ne pas brûler vive dans son lit

Car le scénario du jeu semble renfermer un lourd secret, qui aurait conduit notre Alice dans l’orphelinat que l’on entrevoit au tout début du jeu et que ne nous est révélé que petit bout par petit bout. Est-ce la cause de sa présence dans ce Pays des Merveilles, labyrinthes angoissants, suintants de liquides inconnus et peuplés de créatures cauchemardesques ? On ne le saura qu’à la fin du jeu…

Le jeu est dur, vous entendrez souvent le cri d’agonie d’Alice quand elle chutera dans le vide ou se fera empaler par une théière enragée. Mais avant d’en arriver l), lorsqu’Alice n’a presque plus de vie (de roses rouges sang), elle peut passer en mode Furie et décupler la puissance de ses coups. Durant ce laps de temps très court, tout autour de vous deviens rouge et votre corps blanc est alors à même de se déchaîner sur ses ennemis… effrayant !

Pour finir, je dirais que ce jeu n’est pas exempt de défauts : la maniabilité et parfois retorse et malgré l’originalité des graphismes, ils ne sont pas de la première fraîcheur (moteur de graphique de Quake : nickel en 2000 mais bof en 2011 ^^’). Et perso, je l’ai trouvée – malgré les nombreux objets cachés – un poil linéaire. Mais peu importe, car c qui attire dans ce Alice Retour au Pays de la Folie c’est bien entendu cette ambiance gothique-malsain comme un tableau de Jérome Bosch ou une illustration de Trevor Brown et c’est bien évidemment ce qui m’a plus à moi.

Par contre, j’ai peur que cette belle initiative de faire un jeu atypique, qui sort des sentiers battus, ne se reproduise pas souvent… car il semblerait que les ventes n’est pas été au rendez-vous, EA risque donc de ne pas laisser carte blanche à Spicy Horse avant un moment… dommage -_-

* : titre original « Alice’s Adventures in Wonderland » paru en 1865.