08th oct2012

[Série] Wilfred

by Kasilla

Ryan s’ennuie. Jeune avocat brillant, une horrible dépression le ronge et l’empêche de s’ouvrir aux autres. Après avoir loupé une tentative de suicide, il rencontre Wilfred, le chien de sa voisine. Sauf que là où tout le monde voit Wilfred comme un chien on ne peut plus normal, lui voit un homme en costume de chien…

Adapté de la série australienne du même nom, l’histoire créée par David Zuckerman et Jason Gann (l’acteur qui joue Wilfred !) a réussi sa conversion US en choisissant un acteur particulièrement doué pour les rôles torturés : Elijah Wood.

Parce que pour jouer Ryan, un jeune avocat dépressif, il fallait THE FACE… et il faut bien avouer qu’il incarne parfaitement le personnage.

En effet, si on se réfère uniquement au pitch – un homme qui voit le chien de sa voisine comme un humain déguisé en chien – la série pourrait paraître complètement farfelue. Et elle l’est d’une certaine façon, mais c’est surtout une véritable réflexion sur la dépression et ses effets.

Car Wilfred n’est pas juste une hallucination (en fait, on ne sait pas qui est Wilfred !), c’est surtout la conscience, ou plutôt l’âme damnée de Ryan. Il le pousse dans ses derniers retranchements, le manipule pour arriver à ses fins et le faire réagir !

Du coup, cette série pourtant assez borderline (Wilfred fume des bangs, mange du vomi, se frotte sur tout, il est ingérable !) devient vite attachante. On aimerait que Ryan s’en sorte, se trouve un job, une nana, reprenne goût à la vie… mais de petites emmerdes en situations rocambolesques, on se demande sincèrement si Wilfred l’aide réellement, ou s’il ne lui met pas plutôt la tête sous l’eau.

Bien que parfois, quand on vous pousse la tête sous l’eau, c’est aussi pour vous forcer à faire les efforts nécessaires pour vous en sortir, non ?

En clair, Wilfred c’est drôle, c’est sale, c’est attachant, c’est dérangeant… mais le ton est toujours très juste et la morale souvent salvatrice. Une curiosité venu du pays des koalas (qui décidément enfante de plus de plus de projets sympas comme The Proposition ou Iron Sky) qui se paye un up-grade bienvenu, sans lequel les gens comme moi ne l’aurait sans doute pas découvert.

Donc à voir, pour tous ceux qui aiment l’humour crade à la Futurama, American Dad ou Family Guy… avec un soupçon de Freud en porte-jarretelles.

Par contre, j’ai trouvé la deuxième saison un peu moins bonne que la première… Votre avis ?

Série US en cours – 2 saisons – format 22min
Créée par David Zuckerman (scénariste sur Le Prince de Bel-Air, American Dad…) et Jason Gann (Wilfred dans la version australienne et américaine)
avec Elijah Wood, Jason Gann, Fiona Gubelmann, Dorian Brown…

29th avr2012

[Série] Grimm – saison 1

by Kasilla

Que se passerait-il si les créatures des contes de fées vivaient parmi nous, qu’elles soient juste cachées à nos yeux ? Et si les fables des frères Grimm avaient une part de vérité ?

Lorsque le jeune détective Nick Burckhardt voit le visage de l’un de ses suspects devenir un masque grimaçant sous ses yeux, il est d’abord un peu perturbé et se demande s’il n’a pas halluciné. Mais lorsque sa tante vient lui dire qu’il est un Grimm – un membre d’un famille ancestrale capable de voir les créatures fantastiques – et qu’il doit faire régner l’ordre entre les 2 mondes… pas simple à digérer ^^’

Pour ceux qui aiment les séries policières et le fantastique des contes de fées, Grimm est un bon compromis : on a des enquêtes, de l’action, des personnages originaux et attachants. Car chaque épisode est introduit par un extrait d’un conte de Grimm, qui sert de base à l’épisode mais en très très détourné (cf ci-dessous la preview avec le Petit Chaperon Rouge ^^’).

Et franchement c’est toujours amusant de découvrir le vrai visage des créatures, leurs petites habitudes, leur façon de vivre dans le monde moderne (par contre, ils ont des noms à coucher dehors ^^’). Les créatures canines ont un super flair, les rongeurs une forte tendance à se planquer et les reptiliens sont rarement de bonnes pâtes, mais comme partout, il y a des bons et des mauvais, des sympas et des profiteurs, des courageux et des mauviettes… comme chez les humains quoi ;)

Donc la véritable originalité de la série est plus dans l’adaptation des contes et le comportement des créatures, que les affaires d’homicides. Pour une adepte du genre ‘Enquêtes’ comme moi, on voit un peu trop souvent la réponse à l’énigme arriver gros comme une maison, sans réelle originalité.

Par contre, le relationnel entre les personnages est plutôt intéressant. Entre Nick et sa femme Juliette – ou comment elle vit le peu qu’elle perçoit les changements chez son homme – entre Nick et son co-équipier Hank qui étrangement semble ne se douter de rien, ou entre Nick et Eddy (je peux pas vous en dire plus sans spoiler… mais leur relation évolue vraiment épisode par épisode).

Grimm c’est donc un concept original, mais pas la série du siècle… à réserver aux fans des contes et du fantastique.

Titre original : Grimm
Origine : US ; Genre : Policier/Enquêtes ; Format : env. 40-45min
Série en cours : 2 saisons, une vingtaine d’épisodes
Diffusée depuis le 24 avril 2012 sur Syfy
Créée par David Greenwalt (a pondu des scénar pour X-Files, Buffy et à aussi la réal sur Angel), Jim Kouf (aussi scénariste sur Angel, mais aussi sur Rush Hour, Ghost Whisperer et les Benjamin Gates).
Avec : David Giuntoli (quelques apparitions dans des séries), Silas Weir Mitchell (lui par contre, il est apparu dans plein de trucs dont 24h chrono et Prison Break), Bitsie Tulloch

08th avr2012

[Série] Luther – saison 1

by Kasilla

Avis aux petites natures, pleurnichards, gros sensibles et cie… évitez à tout pris Luther. C’est une série violente, dérangeante, très dure et aussi sombre que son héros. Attention, je vous aurais prévenue…

John Luther est inspecteur à la crime dans la ‘belle’ ville de Londres. Son complexe du super-héros – voulant sans cesse sauver la veuve et l’orphelin – fait qu’il passe ses nuits à courser voleurs, violeurs et assassins, délaissant son épouse Zoe. Le jour où il se retrouve sur les traces d’un tueur d’enfants, sa raison va vaciller : face à ce monstre, il va choisir d’oublier ses principes – et la loi – pour faire justice lui-même.

Suite à cet évènement, il va tomber en dépression et être gentiment renvoyé en convalescence chez lui par sa chef… ce qui ne va pas arranger les choses avec son épouse, qui n’en peut plus de le voir se consumer à petit feu, songer au pire.

Arf ! Et c’est là que c’est compliqué pour moi, parce que vous expliquer quels sont pour moi les attraits de cette série sans spoiler… c’est pas évident du tout :/

Déjà, Idris Elba est magistral dans le rôle de ce flic perturbé. Chacune de ses émotions parcheminent son visage et nous donne un aperçu des démons qui le hantent. Car John est bel et bien un être torturé : torturé par les atrocités qu’il voit dans son métier, par son incapacité à sauver tout le monde… torturé par ses sentiments, cet amour envahissant pour sa femme, qui les détruit tous les deux.

Luther c’est donc l’histoire d’un mec un peu trop sensible, impulsif, qui en choisissant de bosser à la crim se confronte lui-même au pire de l’humanité. Car même si c’est un génie dans son domaine (il résout les affaires quasiment par instinct !), toutes les choses, tous les gens qu’il croise ont une prise trop forte sur lui et il en souffre.

Ce qui au final, fait plutôt tourner cette série policière dramatique vers son personnage principal, relayant les enquêtes au second plan (malgré des serial killers tous plus barjos les uns que les autres).

Pour ma part, j’ai vraiment appréciée la 1ere saison qui démarre d’un coup, choque, remue… et lorsqu’on pense que ça va un peu s’arranger, les soucis de ce pauvre John vont de Charybde en Scylla. Par contre, après tout ce qui arrive dans les 6 épisodes de cette 1ere saison, la 2e semble un peu molle.

En conclusion, je dirais donc que Luther est une bonne série policière britannique (qui l’eu cru !) mais que son côté noir et dérangeant risque de ne pas plaire à tout le monde. Parce qu’au final, un mec avec un complexe du super-héros c’est pas la 1ere fois qu’on croise ça… mais interprétée d’une façon aussi sombre et hopeless… disons qu’on descend très bas dans la noirceur de l’esprit humain et il faut avoir le coeur bien accroché.

Luther, produit par BBC One, 3e saison en cours, épisodes d’environ 50 minutes. Les saisons 1 et 2 vont sortir en coffret DVD en mai prochain et sera diffusée sur Canal+à partir du 23 avril 2012.
Créateur : Neil Cross (a aussi bossé sur la série [MI-5])
Avec : Idris Elba (qu’on a vu dans les séries Ultraviolet et Sur Ecoute, mais aussi au ciné dans Les Châtiments, Obsessed ou Thorn), Ruth Wilson (impressionnante dans le rôle d’Alice Morgan !), Indira Warma (Niobe dans la série Rome, en campe à l’heure actuelle le rôle d’Ilsa Bucci dans Human Target), Steven Mackintosh (Arnaques, crimes et botanique, Tanis dans Underworld 2 et 3…)…

04th mar2012

American Horror Story saison 1 : SUPER baraque

by Kasilla

Je l’avoue bien bas : j’ai découvert American Horror Story totalement par hasard. Et pourtant, c’est tout à fait le genre de série qui me fait vibrer puisque c’est – grosso modo – l’histoire d’une maison hantée… mais méchamment hantée ! Attention : pour pouvoir vous expliquer certaines choses, je spoil un peu… mais aucune intrigue primordiale n’étant révélée, ça ne vous gâchera pas non plus la série si vous ne l’avez pas encore vue. Mais c’est à vous de voir ;p

Les plans :

American Horror Story c’est une série horrifique avec déjà une saison 1 de 12 épisodes sorties et une 2e en cours. Elle est diffusée outre-atlantique sur la chaîne FX et réalisée par Ryan Murphy… oui oui, LE Murphy de Glee (beurk) et Nip/Tuck (là y’a des similitudes !) ! Mais passons les détails pour nous plonger dans ce véritable pot pourri d’influences gothico-érotiques qu’est AHS… et comme je ne tiens qu’un modeste blog et pas une encyclopédie sur le sujet, je vais essayer de vous faire court ;)

Ils l'air heureux comme ça hein !?

Les fondations :

AHS c’est certainement la série où il y a le plus de revenants au m², ça grouille de partout. Alors il y a les grands classiques fantômes qui sont morts dans des circonstances tragiques et qui se vengent des humains qui osent mettre les pieds sur leur territoire. Ensuite il y a les un peu moins répondus – les âmes en peine – ceux qui ne savent pas vraiment qu’ils sont morts et errent à la recherche de quelque chose ; ils ne sont pas réellement malveillants mais ils fichent royalement les chocottes lorsqu’on les croise. Et puis il y a ceux qui se croient encore vivants.

Et si certains ont plantés la tente et se contentent gentiment de hanter une pièce ou 2, d’autres s’amusent à se mêler aux vivants pour leurs petites manigances. Du coup, on se jamais trop qui est vivant et qui est mort, ce qui est réel ou qui ne l’est pas et franchement ça apporte réellement quelque chose au scénario (je pense en particulier à un twist un peu à la 6e Sens… maintenant torturez-vous pour deviner qui c’est ! gnagnac). Quand aux finalités de tout ce capharnaüm (pourquoi toutes ces intrigues ?), on ne les découvre qu’au 3/4 de la série et la fin élude les conséquences de tout ça ! Mouaip…

Donc un sacré foutoir puisqu’on ne sait pas toujours qui respire ou non et où certains se servent des plus benêts d’entre eux pour leurs petites manigances. Et pour démêler ce sac de noeud, il faut bien suivre : allez faire pipi sans faire ‘pause’ et vous risquez de louper un évènement ou une révélation importante et d’être complètement largué. Car tous les personnages sont liés entre eux et ce n’est qu’au fur et à mesure qu’on comprends toutes les ramifications (puisque que l’histoire débute à la construction de la maison en 1920 et se termine de nos jours, y’en a eu des proprios !).

Jessica Lange est grandiose dans le rôle de Constance

Le mortier :

Ce qui dénote surtout dans AHS, ce sont ses fortes connotations sexuelles. Le pilote prend place dans une sombre affaire de fausse couche et d’adultère, pour poursuivre avec une bonne à tout faire en portes-jarretelle qui n’a pas peur de récurer le sol à 4 pattes et un homme en total-combi latex noir. Les esprits baisent entre eux, avec les humains, leur collent des hallucinations pour mieux s’en servir… le bordel quoi !

On assiste d’ailleurs parfois à des scènes un peu crues, où on ne voit clairement rien (si ce n’est le corps de la magnifique Alex Breckenridge, que vous avez croisé dans la saison 4 de True Blood par exemple) mais où les choses sont suggérées de façon tellement forte – avec ambiance et plans qui s’y prêtent – qu’on est parfois à la limite du porno… un peu comme dans la série Nip/Tuck d’ailleurs (le p’tit Ryan aimerait’il choquer ses spectateurs ?).

D’ailleurs les femmes sont des ultra-dominatrices dans cette histoire, les rôles masculins n’étant souvent que leurs pantins. Elles manipulent les corps et les esprits pour arriver à leurs fins, qu’elles soient d’ailleurs complètement égoïstes ou plutôt bien intentionnées. Les hommes sont souvent décrit par les femmes comme des lâches incapables de contrôler leurs pulsions, qui du coup méritent d’être utilisés puis punis… et c’est un homme qui a écrit ça ^^’

Huber sexy nanny ! (floutch !)

La déco :

Comme il le dit lui même, Ryan Murphy a été fortement influencé par le cinéma d’horreur depuis son enfant. Pas l’horreur gore d’après lui, mais plutôt l’horreur subtile, c’est qui vous fait frisonner sur votre siège plutôt que celle qui vous donne des hauts le coeur (ouaip… perso, le Doc du début et ses expériences de couture… moi je trouve ça plutôt gore ^^’).

Aussi on retrouve du Shining, du Amityville, du Bram Stocker’s Dracula (l’amour par delà la mort… et la même musique par moment !), du Les Autres (pour la dualité morts/vivants), du Rosemary’s Baby… et j’en oublie !

Mais en dehors du cinéma, il y a aussi pas mal d’autres influences gothiques, littéraires, musicales, picturales, etc. Addy la trisomique, c’est un peu le Corbeau du poème d’Edgar Allan Poe : elle clame cette même litanie « You’re going to die in there » (« Tu vas mourir ici ») neutre et innocente… ce qui n’en fait pas moins un oiseau de mauvais augure (Poe qui avait aussi influencé Brian Gibson pour Poltergeist II – The Other side). Une légende urbaine parle d’un boucher-abatteur de cochons dont l’ambiance de l’épisode (le #6) baigne littéralement dans une chanson de Nine Inch Nails (« hey pig piggy pig pig pig, all of my fears came true »). Les murs de la maison sont ornés de fresques largement inspirées des oeuvres de Jérôme Bosch ou des iconographies de la Bible, celles qui dénoncent les tentations du démon.

La maison est vraiment le personnage central de la série

Les locataires :

Les Harmons au départ, c’est juste une famille qui essaie de faire face à une crise. Suite à la fausse couche de la mère – Vivien – le père psychanalyste – Ben – la trompe dans les bras d’une jeunette (ça c’est du soutien !), puis décide d’acheter une maison à l’autre bout du pays (Boston -> L.A !) pour tenter de sauver les meubles, traînant leur ado bohème - Violet – dans la débandade. Ils vont rapidement apprendre que la magnifique demeure victorienne qu’ils viennent d’acheter une bouchée de pain fut le théâtre d’évènements tragiques… plein !

Mais bon, comme promis je ne vais pas vous faire une encyclopédie sur la série (pourtant il y aurait de quoi), j’espère juste que ces quelques lignes vous aurons intriguées et données envie de découvrir cette série.  Car pour moi, American Horror Story c’est une vraie sucrerie d’Halloween : on tremble en ouvrant l’emballage, on hésite à le mettre en bouche et finalement on découvre un goût atypique mais agréablement surprenant. Je regrette juste le dernier épisode de la saison qui pour moi est de trop, car tout aurait pu être bouclé au #11, mais ce #12 apporte des éléments qui ne servent pas à grand chose (sauf à annoncer la saison 2 ?) et qui rendent la conclusion de tout cela plutôt pathétique… donc à regarder mais à zapper aussi sec (allé, sauf les 3 dernières minutes). Mais globalement une bonne série que je conseille à tous bons fans d’histoires glauques et étranges qui se respect.

Âmes sensibles... abstenez-vous...

Infos tech :
American Horror Story, 1 saison de 12 épisodes d’environ 40 minutes et une 2e en cours.
Réalisée par Ryan Murphy (Popular, Nip/Tuck, Glee)
Avec Dylan McDermott (Ben Harmon), Connie Britton (Vivien Harmon), Taissa Farmiga (Violet Harmon), Jessica Lange (Constance, magnifique dans ce rôle !), Frances Conroy (Moïra), Denis O’Hare (Larry Harvey), Evan Peters (Tate), etc…