09th sept2012

[L’Étrange Festival] Citadel

by Kasilla

Tommy assiste impuissant à l’agression de sa femme enceinte. Et alors qu’elle se retrouve dans le coma, lui doit survivre avec leur bébé et un traumatisme que cette violence a généré. Au milieu d’immeubles abandonnés et longeant les murs, comment va-t-il faire pour protéger sa fille du retour des agresseurs ?

« Citadel » est inspiré des propres phobies du réalisateur Ciaran Foy (présent le jour de la projo). Celui-ci ayant été lui-même violemment agressé, il ne connait que trop bien les sentiments néfastes et les angoisses que l’agoraphobie engendre. Cette maladie fait que les rares sorties de Tommy pour aller visiter sa femme à l’hôpital sont un véritable calvaire. Aussi, lorsque les jeunes encapuchonnés responsables de tout cela réapparaissent pour lui prendre son bébé, la maladie prend une dimension encore plus critique.

On sait peu de choses sur la situation, mais l’impression de vétusté et de précarité des gens que l’on croise, laisse à penser que l’histoire se déroule dans un futur proche rongé par la crise financière. Les quartiers résidentiels sont quasi à l’abandon et les structures sociales (hôpitaux, hospices) semblent désœuvrées. Ici, les notions d’espace et de temps sont éludées, seule l’ambiance générale compte, celle vue par les yeux d’un héros paranoïaque.

L’accent est mis sur le malaise du jeune homme, ses peurs et les efforts surhumains qu’il doit faire pour des choses qui nous paraissent à nous très simples, comme prendre le bus, par exemple. Face à la tristesse de ce qui arrive à son aimée, la maladresse avec laquelle il tente de s’occuper de son bébé, on a envie d’applaudir à chacun de ses efforts.

Ce qui aurait donc pu rester un simple constat de la maladie, est en fait un survival où Tommy va devoir chercher son courage au plus profond de son être pour sauver son enfant. Une belle leçon sur l’instinct de protection et l’amour d’un père pour sa fille. Par moments vraiment effrayant, mais surtout beau et touchant.

Date de sortie : inconnue – Durée : 1h25
Réalisé par Ciaran Foy (The Chronoscope)
avec Aneurin Barnard, James Cosmo, Amy Shiels…

06th sept2012

[Ciné] Des hommes sans loi

by Kasilla

En pleine Prohibition américaine, les frères Bondurant – Forrest, Howard et Jack – tiennent un petit bar dans un trou paumé sans faire de vagues. Mais ils sont aussi connus par les autochtones grâce à leur gnôle maison, qu’ils revendent aux environs. Mais quand Jack le cadet décide de voir plus grand, les mafias en place ainsi que les autorités décident de se mêler de ce trafic qui devient trop important…

Projeté en avant-première au dernier Festival de Cannes, Des Hommes sans Loi c’est un peu un western en Borsalino. Ici les chevaux ont été remplacés par des Ford V8 et les Smith & Wesson par des mitraillettes à camembert, mais le côté rivalités viriles est bien là.

Ces rivalités – que ce soit pour l’argent, le territoire ou les femmes – sont mis en exergue par une ultra-violence caractéristique de cette époque noire de l’histoire nord américaine (certaines scènes sont vraiment difficiles à regarder). Avec ses alambics cachés un peu partout, ses trajets discrets et dangereux et ses policiers véreux, on s’attendrait presque à y croiser Al Capone ou Angelo « Bloody Angelo » Genna

La base de l’histoire est en fait assez simple : Par frustration d’être le plus jeune et le plus fragile de la fratrie (et aussi certainement pour plaire à sa belle), le jeune Jack aimerait étendre le petit trafic d’alcool familial pour se faire plus d’argent, sans se rendre compte une seule seconde des conséquences. Shia LaBeouf y incarne un jeune homme prêt à tout pour prouver à ses frères qu’il est aussi fort et virile qu’eux…  et ça ne va pas être simple vu les 2 intellos en face.

Tom Hardy, est bluffant dans le rôle de Forrest Bondurant. Une légende du coin dit que les Bondurants sont immortels et on aurait tendance à le croire quand on voit cette montagne de muscles taciturne. Il réussi cependant à être attachant, avec ses petits grognements et son côté ultra protecteur avec ses proches.. si on oublie qu’il peut aussi faire preuve d’une cruauté inouïe par esprit de vengeance. Quant à Howard – Jason Clarke alias Tommy dans la série Brotherhood – c’est une brute alcoolique, à peine assez intelligent pour jouer les vigies. Quelle brochette !

Le film bénéficie aussi d’un joli casting féminin avec Jessica Chastain (Take Shelter, The Tree of Life…) et Mia Wasikowska (Jane Eyre, Restless, l’Alice of Pays des Merveilles de Burton…). Pour une fois que dans ce genre de film les personnages féminins ne sont pas creux comme des jares, ça nous change ! Deux femmes que tout oppose, mais qui se rejoignent dans leurs côtés femmes à la fois fortes et touchantes. La splendide Maggie ne s’en laisse pas compter malgré sa fuite de la grande ville, là où la nubile Bertha tente d’échapper comme elle peut à son pasteur de père (basé sur une histoire vraie).

Quand à Guy Pearce (méconnaissable !) il est plutôt caricatural dans son rôle d’agent du gouvernement, ultra maniéré. C’est d’ailleurs ce qui m’a gêné le plus dans ce film, cet aspect caricatural dont le personnage de Charlie Rakes est un parfait exemple, ou comment un homme qui devrait être enfermé dans un hôpital psychiatrique, se retrouve avec des hautes fonctions d’agent du gouvernement. Plutôt vraisemblable, mais qui permet de justifier la plupart des scènes glauques.

C’est d’ailleurs frustrant de voir des acteurs bankables sous exploités. Tom Hardy – encore bodybuildé par son récent rôle dans The Dark Night Rises, ne fait pas un campagnard très réaliste. Dommage, car il joue très bien l’homme timide et bourru enfermé dans un corps trop grand. Quand à Garry Oldman dans le rôle de Floyd Banner – un chef mafieux – il est juste extraordinaire dans la scène du début du film (no spoil… mais visible en partie dans le trailer ci-dessous…) : son aplomb et son air mauvais lui sied parfaitement… du p’tit lait !

Cependant, j’ai été plutôt déçue par le scénario. Pas de vraie surprise ni de réel rebondissement, l’histoire de cette famille de cro-magnons avance bonnant-mallant sans réellement toucher. Bourré de gros temps morts dont on est réveillé en sursaut par des projections d’hémoglobine à l’écran, une violence crue dont on ne comprend pas toujours l’intérêt… un moyen cheap de choquer ? Pourtant, ce n’est pas ce qui manque les films qui évoquent la violence de façon encore plus brute, sans avoir à donner dans le bain de sang, non ?

Pour moi Lawless est un énorme gâchis. Avec une telle ambiance, un tel casting, le mélange aurait dû prendre ! Mais une violence trop tape-à-l’oeil et un scénario trop plat et parfois décousu, en fond un petit film sans réel intérêt. Next.

Date de sortie 12 septembre 2012 – Durée : 1h 55
réalisé par John Hillcoat (The Proposition, La Route…)
avec Shia LaBeouf (Transformers, Indiana Jones 4, Constantine...), Tom Hardy (The Dark Knight Rises, Warrior, Inception…), Guy Pearce (Lock Out, Prometheus, Trahison…), Dane DeHaan (Chronicle…)…

24th août2012

[DVD] Detention

by Kasilla

Detention – comme son nom ne l’indique pas – est un teenmovie-slasher-fun-gore-totallyWTF. Comme la plupart de ces films borderline, pas de sortie en salle, on passe direct par la case DVD… dommage.

De nos jours. Dans un lycée américain lambda. Riley traîne son plâtre à la jambe et sa salopette des années 90 dans son lycée où tout l’ennuie. Mais alors qu’elle se dispute le rebelle Clapton avec la pom-pom girl Ione, un tueur en série tout droit sorti du dernier slasher à la mode fait son apparition. Et au milieu de tout ça, la mascotte du lycée, un énorme grizzli empaillé, semble attirer les objets métalliques…

Ça démarre comme un slasher basique : un tueur psychopathe, des ados dégénérés et de l’ultra violence. Mais ce qui dénote au premier coup d’oeil ce sont les choix esthétiques : couleurs flashy, textes qui s’affichent à l’écran (comme dans Fringe) pour souligner les propos des protagonistes et mise en place un peu foutraque, mettant en avant les questionnements et le « grand n’importe quoi » de cette période de la vie qu’est l’adolescence.

Car ces jeunes sont au départ de vraies caricatures : le capitaine de l’équipe de foot, la blonde superficielle, le rebelle, l’intello, la gothique, la nana mal dans sa peau… Ils vont se retrouver à devoir cohabiter avec un tueur en série déguisé en une Cendrillon zombie, un ours empaillé qui cache bien son jeu, un homme-mouche qui planque sa main difforme dans un poste de TV et des voyages dans le temps… rien que ça ! Car la trame de départ à la Scream s’emmêle avec des sous-histoires, comme celle du concours de talent ou du mec en retenu depuis 19 ans (qui sert d’excuse à retour sur  les grands courants musicaux et les codes vestimentaires de ces 15 dernières années).

J’ai d’ailleurs trouvé énormément de similitude entre Detention et les films de Gregg Araki, en particulier Kaboom ou Nowhere pour son côté ados déjantés et histoire qui part en sucette. Je ne suis pas la seule, puisque les Podsac en ont même fait un débat, téléchargeable ici : Podsac : Detention versus Kaboom.

Donc même s’il est un peu dilué pour moi, par rapport à un Gregg Araki - comme des aliens, des bains de sang ou des voyages dans le temps - Detention est un bon petit film what-the-fuck comme je les aime. C’est le genre de divertissement qu’on se regarde tout seul chez soi et où on doit d’accrocher aux accoudoirs de son canapé pour être certain de ne pas être en bad trip. Comme une glace aux olives noires ou des insectes grillés, un plat atypique que seul les plus ‘gourmets’ saurons apprécier (et les gens un peu barrés comme moi ; ).

And remember : It’s just highschool, it’s not the end of the world ;)*

Date de sortie DVD : 8 août 2012 – Durée 1h 33
Réalisé par Joseph Kahn (Torque, la route s’enflamme)
Avec Shanley Caswell (des apparitions dans The Mentalist et Les Experts Manhattant), Josh Hutcherson (Le Secret de Terabithia, Voyage au centre de la Terre, L’Assistant du vampire… ), Spencer Locke (Resident Evil : Extinction et Afterlife 3D…)…

* Et souvenez-vous : c’est juste le lycée, ce n’est pas la fin du monde ;)

24th juil2012

[Ciné] The Dark Knight Rises

by Kasilla

Plébiscité, sur-marketté, tant espéré et finalement endeuillé, on peut dire que ce film aura fait l’objet d’une attention spéciale avant même sa sortie officielle.

On commence par un petit flash-back ? Attention, pour ceux qui n’ont pas encore vu Batman Begins et The Dark Knight, c’est du spoil. [début SPOIL] Hanté par la mort tragique de ses parents, le jeune Bruce – héritier de la grande famille Wayne – décide de parcourir le monde pour trouver un sens à sa vie. Et alors qu’il trouve enfin sa place à Gotham City, en tant que Justicier il se retrouve face aux pires criminels (le Joker, Crane puis Double Face). Après avoir risqué sa vie pour sauver Gotham, il perd la femme qu’il aime et décide d’endosser le rôle du bouc émissaire et de disparaître.[fin SPOIL].

The Dark Knight Rises commence exactement là où termine le 2, par la fin du discours de Jim Gordon qui clôturait The Dark Knight, puis nous emmène 8 ans plus tard. Bruce Wayne vit reclus dans sa demeure, la ville de Gotham n’ayant semble t-il plus besoin de Batman. Mais alors qu’une nouvelle menace pointe le bout de son nez tordu, le Justicier Masqué va t-il accepter de s’exposer à nouveau pour une ville qui l’a répudié ?

En matière de films de super-héros je suis hélas souvent déçue (cf ma critique de The Amazing Spider-man), d’où mon éternelle angoisse quand je passe les portes battantes des salles obscures en quête du dernier bébé cinématographique brandé DC ou Marvel

D’autant que là, le challenge était de taille pour Christopher Nolan : boucler la trilogie « The Dark Knight », démarrée avec Batman Begins en 2005, suivi de The Dark Knight en 2008 (endeuillé par le décès tragique de Heath Ledger, son génial Joker) et qui doit se terminer avec ce nouvel épisode (d’après Nolan en tout cas).

Autant le dire tout de suite : à mes yeux The Dark Knight Rises est une parfaite conclusion. Certes, elle n’est pas exempte de défauts et selon moi, le bât blesse au niveau de certains personnages. Envers et contre tous, je persiste à dire que Christian Bale n’était pour moi pas le bon acteur pour endosser le rôle du chevalier noir. Il a su montrer auparavant qu’il pouvait en avoir la carrure, comme dans Equilibrium ou même American Psycho, mais pour moi il restera à jamais le frêle et tellement plus attachant Trevor de The Machinist. L’air penaud de Bruce Wayne et la voix rauque de Batman, je n’ai jamais réussi à m’y faire.

Ensuite, j’ai définitivement un problème avec Marion Cotillard. L’égérie de Nolan (elle avait aussi pris ses quartiers dans Inception) ne rentre pas du tout dans son rôle de Miranda Tate.

Ces fausses notes d’interprétation sont heureusement (toujours à mon humble avis) compensées par les prestations de Anne Hathaway en Selina Kyle et de Tom Hardy dans le rôle de Bane, le super vilain. Hathaway, dans un registre très différent de celui de l’inoubliable Michelle Pfeiffer (Halle Berry n’existe pas) campe une Catwoman (même si ce nom n’est jamais prononcé dans le film) ultra crédible et sensuelle. Voilà enfin une femme de caractère, même si Nolan multiplie un peu trop les bootyshots sur la star.

Bane est réellement impressionnant. Dès les 1eres scènes, on est soufflé par sa prestation ! J’entends encore sa voix, mi-Joker, mi-Dark Vador (en V.O. uniquement), sortir des phrases d’une banalité, voir d’une bêtise sans nom… et malgré tout vous faire frissonner de peur ! L’un des meilleurs rôles de Tom Hardy pour moi.

Big up à Michael Caine qui, dans le rôle du toujours fidèle Alfred, nous éblouit une fois encore, voire nous émeut jusqu’aux larmes. Enfin, Joseph Gordon-Levitt se montre tout aussi attachant dans son rôle de flic au grand cœur réellement craquant.

Message aux Geektechs : les nouveaux BatGadgets sont plus que jamais impressionnants. On crois toujours que Lucius Fox a fait son max dans les volets précédents et d’un coup, tel un homologue ultra moderne du Q de James Bond, il nous scotche avec un arsenal toujours plus spectaculaire. Ça ne gâche rien : Morgan Freeman est impeccable, comme à son habitude. J’allais pour finir oublier Gary Oldman, toujours aussi charismatique en Commissaire Gordon. Freeman, Oldman, 2 valeurs définitivement sûres de cette trilogie Batman sous l’ère Nolan.

Malgré les inégalités d’interprétations, c’est ce panel de personnages hétéroclites qui fait la force du film. Rajoutez lui un scénario qui – tel un casse-tête chinois – rassemble toutes les pièces disséminées durant les 2 premiers volets, et vous obtenez un ensemble admirablement cohérent. Électrisé par quelques scènes d’action fulgurantes, ce nouveau Batman s’élève au final largement au dessus de ses prédécesseurs.

Et alors que les premiers chiffres des entrées US tombent, on sait d’ores et déjà que ce Dark Knight Rises est prévu comme un très gros succès du box-office… et pour une fois je ne suis pas contre ! Petit bémol cependant pour les 45 minutes de films en Imax auxquelles aucun cinéma français ne peut rendre justice, le cinéma 4K le plus proche étant à… Londres ! Une expérience un peu bridée donc, mais au final tellement jouissive. Let’s rise !

http://youtu.be/0zl2wUSFaMs

Date de sortie : 25 juillet 2012 ; durée : 2h44
Réalisé par Christopher Nolan (Memento, Inception, les 2 précédents Batman, le futur Superman : Man of Steel…)
avec Christian Bale (The Machinist, Equilibrium, Le Règne du Feu…), Gary Oldman (Gordon : Brams Stocker’s Dracula, (Harry Potter), la Taupe…), Tom Hardy (Bane : Suker Punch, Inception, La Taupe…), Joseph Gordon-Levitt (Inception…), Anne Hathaway (Alice au Pays des Merveilles de T. Burton..), Marion Cotillard (Inception, De rouille et d’os…), Morgan Freeman (La Loi du silence, Robin des Bois le prince des voleurs, Miss Daisy et son chaufeur…)

03rd juil2012

[Oldies] Apocalypse Now

by Kasilla

Depuis quelque temps déjà, les cinémas Gaumont organisent des soirées projections de vieux films, des classiques du grand cinéma. Il y a 1 mois, j’ai vu passer une newsletter avec une projo pour Apocalypse Now… je m’y suis inscrite de suite.

Alors je ne vais pas m’amuser à vous faire un énième critique de ce film, d’abord parce que je ne pense pas en avoir la légitimité, ensuite parce que depuis 1979, il y en a certainement eues des centaines, voire des milliers.

Non, ce soir j’ai plutôt envie de partager avec vous… j’aimerais tenter de découvrir l’essence de ce qui fait un chef-d’œuvre.

Pour moi, un chef-d’œuvre c’est d’abord une ‘œuvre’. Une création très personnelle qui vient du plus profond de son être… et ça, là il n’y a peut-être que ceux qui créent, les artistes – qu’ils soient écrivains, peintres, musiciens ou cinéastes – qui peuvent me comprendre.

Dans ce cas précis, je suis d’abord arrivé énervé à cette séance. Énervée par ma journée de travail stressante et harassante. Je me suis assise dans cette salle déjà bondée en me disant « Super, je vais me sentir oppressée par tous ces gens autour de moi ». Mais ce ne sont pas les gens qui m’ont le plus oppressée!

Ensuite, la lumière s’est éteinte. Pas de publicité ni de bande-annonce. Tout de suite, cette image, cette scène familière. La jungle et les premières notes de cette musique. Frissons sur tout le corps. Puis la voix de Jim.

Pourtant ce film, je l’ai déjà vu pas mal de fois, peut-être 5, 6 voir 10 fois. Mais là j’ai été absorbée par quelque chose, quelque chose de fort, de perturbant. Puis j’ai été emportée.

Par moments, on a presque l’impression de sentir l’odeur humide de cette jungle, la sueur des soldats, la puanteur des cadavres… l’odeur chimique du napalm. Ces odeurs que la plupart d’entre nous n’ont jamais sentis, là on les sent, on les ressent.

Tout commence par les images. Les clairs-obscurs, les pores de la peau, les traits de la folie. Puis les sons. Le souffle court des hommes pétrifiés par la peur, le râle des agonisants, les rires de ceux dont la raison a basculée. Et toutes ces images, ces sons, vous pénètrent, comme une lance en travers de la poitrine.

Dans ce monde où tout est lisse, poli, javellisé, ici tout est rêche, vous blesse, vous agresse chaque jour. Dans cette vie où tout est éphémère, dilué, aseptisé, ici tout est intemporel, vous agresse et vous laisse une trace, une blessure.

Je suis ressortie de cette séance comme on ressort d’un rêve, ce moment étrange où on ne sait pas encore très bien si on est éveillé ou encore endormi. L’impression vague de ne pas faire partie de ce monde, de cette ‘dimension’, se sentir déphasée. Je me souviens à peine du trajet pour rentrer chez moi.

Alors un chef-d’œuvre c’est quoi au final? C’est quelque chose, qui vous touche, vous remue, vous secoue dans tous les sens, vous bouscule, vous laisse une trace indélébile. Quelque chose que vous essayez de garder le plus longtemps possible, avant d’être rattrapé par votre quotidien, comme un amour qu’on sait pertinemment qu’il ne durera pas, une vie qui vous échappe…

Je ne suis pas journaliste, politicienne ou romancière, il me manque les mots. Mais ce soir je me sens triste, quelque-part j’ai mal… mais je me sens vivante.

05th juin2012

[Ciné] Prometheus

by Kasilla

Je vous avoue que j’ai eu un mal de chien à écrire cet article. Pourquoi ? Parce que pour la première fois depuis très très longtemps, je suis sortie d’une projo sans être capable de dire clairement si j’avais aimé le film que je venais de voir, ou pas.

Pour quelle raison ? C’est simple. Parce que comme beaucoup de monde – et malgré les dires de Ridley Scott – j’avais envie que Prometheus ait un p’tit goût d’Alien. D’une part parce que je suis fan de l’esthétisme de H.R. Giger, ensuite parce que lorsque j’avais vu Alien petite, il m’avait glacé le sang et enfin parce que cet univers est tellement vaste qu’il aurait mérité d’être approfondi dans un prequel.

Mais Ridley en a décidé autrement.

Pour vous dire, j’étais même bien décidé à aller le voir une seconde fois avant de démarrer ma rédaction, histoire d’être sûre de moi. Mais mon planning de ministre ne me l’a pas permis et il fallait que ça sorte. Alors voilà.

(Résumé Allociné) Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend… (beuuuuuarp !)

Tout d’abord, je tiens à vous rassurer. Malgré ses très nombreux défauts, Prometheus est un bon p’tit film de SF, car il a aussi des qualités.

D’abord – ce qui pour moi a été le plus impressionnant – vous y verrez des images magnifiques. Pour ceux qui comme moi sont fans d’astronomie depuis tout petit, qui ont dévoré documentaires et ouvrages pour quelques clichés, vous serez ici gratifiés d’images de reconstitution de l’immensité spatiale à couper le souffle !

Côté effets spéciaux, autant les personnages non humains ne dénotent pas plus que ça (on sent qu’il y a du boulot mais bon… voilà quoi), autant les vaisseaux sont d’un réalisme et d’un gigantisme plutôt impressionnant. Le Prometheus – le navire de notre fine équipe – est déjà plutôt vaste (moi aussi je veux une chambre avec un mur holographique !), mais c’est une petite crotte comparé à d’autres bâtiments (cf trailer ci-dessous).

Ensuite, côté casting on n’est pas trop mal servi. Au côté de Noomi Rapace (une guerrière !), de Michael Fassbender (l’aïeul de Data ?) et Charlize Theron (limite moins humaine que David), on retrouve quelques bonnes têtes comme Idris Elba (mon cher Luther) et Patrick Wilson (Le Hibou, pas mon Watchmen préféré ^^’). Alors entre ceux qui sont clairement à la mode en ce moment et les valeurs sûres, on pouvait difficilement faire plus exhaustif.

Mais je vous entends d’ici « Ok, l’espace, des gros vaisseaux classes et des têtes connues… et ?… ». Et bien c’est là où le bât blesse pour moi… parce que c’est presque tout.

Car même s’il s’inscrit dans la continuité historique (ces évènements se déroulent environ 30 ans avant Alien), Prometheus manque cruellement d’âme.

Alors ok, Ridley Scott nous a un peu baladé à ne pas savoir s’il voulait faire du prequel ou pas. Et on dirait qu’il a réellement hésité jusqu’au bout puisque quelques infos sont disséminées durant le film (prequel) mais trop peu pour que cela puisse remplir les blancs de l’histoire (pas prequel). Ces trous de scénario laissent clairement penser qu’un Prometheus 2 est dans les bacs, mais laissera les fans d’Alien tel que moi gravement sur leur faim.

De plus, j’ai cru noter quelques graves incohérences scénaristiques, surtout à la fin… mais no spoil, je vous laisse découvrir et revenir vers moi pour me dire ce que vous en pensez, hein ?

Détail qui a tout de même son importance, je trouve que les musiques ne sont pas adéquates. Alors ok je ne suis pas une spécialiste, donc je ne m’amuserais pas à analyser… mais globalement j’ai trouvé que ça collait rarement. Quand on entend des musiques comme celles des Indiana Jones, des Star Wars ou des Matrix (soyons fous !) qui collent au poil de c… euh… au millimètre près aux situations, là je les ai trouvé molles et assez souvent à côté de la plaque.

Sinon, je vais vous épargner l’analyse en profondeur comme j’ai pu en lire sur le web. Je comprends qu’en tant que fan on est envie d’analyser chaque plan, mais moi je marche plutôt au feeling. Donc voici le mien.

Comme beaucoup je pense, j’ai espéré jusqu’à la dernière minute que Prometheus serait un prequel d’Alien. Qu’il remplirait certains vides qu’avait laissés la 1ere saga comme « D’où viennent ces créatures ? » « Pourquoi nous veulent-elles du mal ? »… Et ces nombreuses questions ont trouvé trop peu de réponses pour que je m’en trouve rassasiée. Donc déception.

Cependant, je veux bien avouer que c’est tout de même un film à grand spectacle : du gadget high-tech en-veux-tu, des CGI, du fan-service… il y a de quoi contenter le plus grand nombre. Le spectacle est plutôt prenant et on ne voit (presque) pas passer les 2h et des poussières.

Mais si pour moi les précédents Alien étaient des films d’angoisse teintés de SF (là je ne parle pas de leur qualité respective hein, juste de leur classification), celui-ci est plus un film de SF-anticipation avec 1-2 créatures cracra. Du coup, il ne génère pas les mêmes sentiments, le même frisson… et moi c’est ça qui m’a manqué.

En clair, pour apprécier Prometheus, il faut aller le voir en se disant qu’on va se payer un bon film de SF-anticipation… mais pas un Alien.

Prometheus de Ridley Scott (la saga des Aliens, Blade Runner, Legend, Gladiator, etc)
sortie en salle le 30 mai 2012, durée 2h03
avec Michael Fassbender (A Dangerous Method, Shame, X-Men: Le Commencement…), Charlize Theron (L’Associé du Diable, Monster, Æon Flux…), Noomi Rapace (Millenium (V.O.), Sherlock Holmes 2, Babycall…), Idris Elba (28 semaines plus tard, Luther, Thor, Ghost Rider 2 (sic !)), Patrick Wilson (Watchmen, L’Agence tous risque (arg !), Insidious…)…

.

Et ci-après, quelques questions-extrapolations spoiler… ne surlignez qu’à vos risques et périls ;p

Voici quelques éléments du film qui m’ont intrigués, voir laissés sur ma faim… alors si certains d’entre vous ont envie d’en causer, je vous invite à le faire en commentaire… (start spoil)

Le rôle de Charlize Theron :
Le commandant de la mission Meredith Vickers (jouée par Charlize Theron) est clairement une caricature de la nana qui veut s’imposer. On ne connait pas assez les moeurs de cette époque pour savoir si le sexisme existe encore, mais dès le début du film, on sent qu’elle a des choses à prouver. Du coup, quand on découvre que Charles Weyland est dans le vaisseau, tout s’éclaire : elle veut être reconnue par son père. Hors, David – la machine – semble avoir plus de valeur aux yeux de l’ancêtre que la magnifique et imposante jeune femme… la vieille rengaine du fils préféré ?

Le rôle de ‘maman’ Noomi :
La scientifique Elizabeth Shaw jouée par Noomi Rapace révèle le secret de sa ferveur presque à la moitié du film : elle recherche les origines de la vie ‘humaine’ car elle est elle-même stérile. D’une certaine façon, elle veut enfanter de l’histoire terrienne en la révélant au monde (les larmes dans ses yeux quand elle en parle à l’équipage au début). C’est donc à la fois ironique mais aussi prévisible que ce soit elle qui se fasse inséminer. Ce qui reste floue pour moi c’est le mode d’insémination et ses conséquences : son mec est presque rongé est totalement transformé au niveau de son propre ADN, alors qu’elle (qui n’a été en contact qu’à travers son ADN à lui) se retrouve avec un parasite ‘poulpesque’ qui prend vite des propositions hallucinantes… c’est quelle génération d’alien ce machin ? Et l’autre alien qui sort de l’humanoïde, c’est la même génération que dans Alien ou il y a encore des intermédiaires à prévoir ? Moi un peu perdue ^^’

La religion :
Vous reprendrez bien un peu de « Dieu sauve toujours ses plus fervents adeptes ». Quand David oscule Elizabeth, celle-ci est très réticente à ce qu’il lui retire sa croix (semble-t’il) chrétienne, souvenir de son paternel. Mais en dehors de la valeur sentimentale de l’objet, on sent qu’il y a aussi une dimension religieuse dont ils reparlent à un moment. Ok, ses recherches prouvent que ce n’est pas Dieu qui nous a créé mais ‘eux’… mais qui les a crée ‘eux’ ?! Moi j’aurais tendance à dire encore une excuse pour nous resservir du God Bless America à toutes les sauces, mais bon. Votre avis ?

Le sacrifice :
Là je ne m’étendrais pas car c’est une notion classique au cinéma : les héros qui se sacrifient pour sauver l’humanité toute entière. Cependant, je trouve que ce sacrifie est tempéré par un manque d’attachement aux personnages. En effet, que ce soit le rôle d’Idris Elba ou de ses acolytes et équipage du Promethée, on nous en dit tellement peu sur eux, que leur action d’éclat de fin de film parait moindre. Pourtant certaines pistes auraient pu être creusées comme la relation Meredith/Janek, ou le relationnel entre personnes d’un même équipage au sein d’une mission telle que celle-ci (partir aux confins de la galaxie, loin de ses proches et de sa planète natale). Personnages peu exploités ?

La boîte de Pandore :
Bon là, je fais peut-être un peu ma maligne. Le vaisseau s’appelle Prométhée, le personnage de la mythologie grec qui a volé le feu aux dieux pour l’offrir aux humains… il s’en est mordu les doigts le pauvre. Et bien en restant dans cette mytho, vous ne trouvez pas qu’il y a comme une notion de boîte de Pandore ? L’humanité joue les curieux et pan! sur les doigts. D’ici qu’on nous laisse entendre que c’est 1000 fois mieux de rester dans l’ignorance, il n’y a peut-être pas plusieurs années lumière de distance…

Vie éternelle :
Ça se rapproche un peu des mythes : lorsqu’on découvre que toute cette mission a en fait été orchestrée par Weyland, car il pense trouver sur cette planète et dans ce peuple hyper évolué, un remède à sa propre mortalité. Résultat des courses, il finira connement, le nez dans la poussière et dépossédé de ses illusions… triste fin mais prévisible non ? (l’argent ne permet pas tout… en tout cas pas la vie éternelle on dirait)

Esthétisme différent :
Pour en avoir parlé avec pas mal de gens en une semaine, beaucoup m’ont certifié que l’on y retrouvait bien l’esthétisme Alien. Pour eux, les quelques évocations de la civilisation antérieure de cette planète ressemblent traits pour traits à ce qu’ils ont pu voir dans la quadrilogie Alien. Alors là je suis obligé de dire : je ne suis pas tout à fait d’accord. Ok, il y a une légère inspiration, mais RIEN A VOIR avec l’esthétisme noir/sexuel/dérangeant de H.R. Giger. Tout juste une vaste inspiration édulcorée et noyée par des têtes chauves gigantesques qui font plus Iles de Pâques qu’autre chose (sauf pour le Space Jockey ok… mais c’est un peu mince non ?). Le prochain qui me dit que c’est à fond Alien, je lui montre mes bouquins sur Giger et on en recause…

Sinon j’ai noté quelques flous, pistes inexplorées… alors si certains d’entre vous peuvent/veulent éclairer ma lanterne :

- Dans la scène du début : pourquoi « l’homme » boit-il cette huile ? Pourquoi ici, en haut de cette cascade ? D’où vient-elle cette huile ? Est-ce la même planète que par la suite ? Si oui, on dirait que le climat a totalement changé (de luxuriant à… mort).

- Le projet des humanoïdes tout blancs c’est de nous contaminer avec leur saloperie d’huile ? Pourquoi ? Et qu’est-ce qui les a arrêtés ? C’est leur ‘création’ (sûre ?) qui s’est retournée contre eux ? Comment le simple fait que l’un d’entre eux se ‘cache’ dans un caisson de stase l’a protégé ? Et pourquoi une fois réveillé, seul, il décide tout de même de mener à terme le projet de sa race (et n’y a personne à qui prouver quoi que ce soit ou à sauver !) ?

- Celle-là elle me picote un peu l’arrière du crâne : L’alien de la fin est-il la même version/génération que celui d’Alien ? Parce qu’il a l’air plutôt différent, genre tout lisse, tout gentil… il ne ressemble pas beaucoup aux créatures cauchemardesques qu’on croisera dans les autres épisodes (limite il est mignon ^^’). Parce que si on regarde : l’huile a changé l’ADN du mec de Noomi, qui a inséminé Noomi, qui a engendré un bébé Cthuluhu (mouarf ! XD) qui lui a montré sa grosse tentacule à l’albinos… qui a ‘accouché’ d’un pseudo alien. C’est moi ou c’est digne du docteur maboule ses mélanges entre races qui n’auraient jamais dû se croiser dans l’univers ?

A qui est le visage de pierre ?

(end spoil)

18th mai2012

[Ciné] Moonrise Kingdom

by Kasilla

1965. Une toute petite île sur la côte Est des Etats-Unis, un camp de scouts bien ordonné. Mais parmi cette troupe de petits soldats, un jeune garçon à part : Sam. Un jet de pierre plus loin, une maison à la déco kitch remplie d’enfants, des parents qui ne se parlent plus… et une petite fille qui lit des romans fantastiques dans son alcôve : Suzy. Et grâce au heureux hasard d’une pièce de théâtre, ces 2 êtres solitaires vont se trouver.

Dans ces décors aux couleurs trop vives et à l’humour très potache, se cache un petit trésor : l’amour innocent de 2 enfants différents. Mais que sait-on de l’amour quand on a 12 ans ? Rien. On rêve juste de fuir avec l’être cher, loin des contraires et des malaises des adultes.

Car tout n’est pas couleur vichy rose sur ce petit carré de terre boueuse. Entre les parents démissionnaires, les adultes frustrés et les vieux solitaires, se cachent des blessures du quotidien : un couple qui s’étiole, une monotonie réconfortante, une solitude difficile à vivre, le tout très bien mis en scène, touchant sans être pesant.

Et il faut dire que le prestigieux casting y est sans doute pour quelque chose, puisque on a là à faire à des ténors. On croise ainsi un Edward Norton amusant, un Bill Murray étonnant et un Bruce Willis touchant (et un petit rôle pour mon chouchou Harvey Keitel ^^).

On notera que les portraits ‘familiaux’ sont dans les habitudes du réalisateur Wes Anderson., qui avait déjà sévit sur La Famille Tanenbaum, La Vie Aquatique ou A Bord du Darjeeling Limited… J’ai du coup été agréablement surprise par la fraîcheur et la justesse de cette fable enfantine, celle de 2 pré-ados qui croient de leur façon naïve et plutôt mignonne que les sentiments sont éternels et plus forts que tout.

Ce foot-movie (rappelons que notre jeune héros est scout et donc très débrouillard ; ) est donc pour moi un bel exemple de ce que peut donner une jolie histoire d’amour quand elle est exploitée de façon juste et non mièvre, à la fois avec un humour tendre et un réalisme tout relatif qui pousse au rire.

Si un jour vous avez été un enfant rêveur et amoureux, vous ne pourrez qu’être ému par Moonrise Kingdom… une jolie petite histoire pleine de sensibilité et de poésie. Car tous les rêves d’enfants demeurent dans le royaume du lever de lune…

Moonrise Kingdom, sortie fr le 16/05/2012
Comédie-drame, tous public, 1h34
Réalisé par Wes Anderson (La Famille Tanenbaum, La Vie Aquatique, A Bord du Darjeeling Limited…)
Avec Edward Norton (Fight Club, American History X, The Incredible Hulk…), Bill Murray (Ghostbusters, Lost in Translation…), Bruce Willis (il a sauvé le monde combien de fois déjà ?), Jared Gilman (Sam), Kara Hayward (Suzy)…

09th mai2012

[Ciné] La Cabane dans les Bois

by Kasilla

Une bande de 5 étudiants partent en camping-car pour profiter de la maison de vacances d’un cousin. Et quand on a la vingtaine et qu’on débarque au milieu de nulle part, on est tenté de faire quoi à votre avis ? La fête évidemment ! Et alors que la nuit tombe et que nos jeunes insouciants profitent de leurs vacances comme il se doit (sous-titré : boivent, fument, baisent), quand une ambiance étrange et angoissante s’installe…

L’affiche fait Evil Dead, les personnages font Evil Dead, l’intro fait Evil Dead, de quoi je parle ? Et bien pas d’Evil Dead, mais de La Cabane dans les Bois bien entendu ! Car si le début fait clairement penser à un slasher des plus classiques, il suffit d’être un peu observateur pour voir que même si les codes y sont, on n’est du tout devant un Evil-Dead-like et c’est tant mieux !

Pour être franche, en tant que fan de la première heure du chef d’oeuvre de Sam Raimi, je pense que j’aurais très mal pris le plagiat et hurlé qu’on sacrifie Drew Goddard et Joss Whedon sur l’autel de la honte ! Mais là j’aurais plutôt envie de les féliciter ^^

Première chose : OUI c’est un film d’horreur, mais NON il ne fait pas tellement peur (d’où son petit 12+), son intérêt est ailleurs ! Mais il faut bien avouer que 80% de celui-ci réside dans le twist… aussi si je vous en dis trop, il n’y aurait plus vraiment d’intérêt (c’est comme si je vous disais dès le début du film 6e Sens qu’en fait le personne joué par Bruce Willis est [clip]).

En dehors de ça, les personnages sont moins creux et sans surprise quand ceux des films d’horreur habituels. Curt, le bellâtre sportif joué par Chris Hemsworth (Thor :D) est aussi un intello, Marty (moi j’aurais dis Samy :3) le fumeur de hash est super astucieux… en bref, là où on pense voir venir leurs réactions à 10 km, on est parfois agréablement surpris !

Même la cabane n’est pas comme d’habitude. Alors ok elle est paumée dans les bois au bout d’un chemin aux chèvres qui n’est sur aucune carte… mais des petits détails laissent entendre que ce n’est PAS une cabane comme les autres (pas comme celle dans Tucker & Dale par exemple !).

Et chose plutôt bien jouée, on rigole ! Car même si ce qui va arriver à cette bande de jeunes, je le souhaite franchement à personne, certains petits moments courts et bien placés font sourire… parfois pour détendre un peu une ambiance qui aurait pu par moment sembler lourde tellement certains passages sont ‘bruts’.

Donc en clair, Cabin in the Woods c’est quoi alors ? Et bien c’est un slasher qui au lieu de se vautrer dans des codes ultra faciles, prends quelques risques et le mélange opère. C’est un film orchestré par des créateurs de séries, mais qui tient la route niveau scénar et déroulé (une mini longueur au début). C’est aussi des références aux classiques du genre horreur, mais bien assumées et joliment rendues (la fin rappellera même des souvenirs aux fans de la série phare de Whedon : Buffy contre les vampires… mais no spoil ! ^^).

Une vraie bonne surprise et donc un essai transformé pour Joss Whedon qui signe du coup 2 films sympas à la suite (le 1er étant bien entendu Avengers)… pas mal pour un créateur de séries pour ados ;) #aïepastaper

Tout ce que je peux vous dire sans vous gâcher la surprise, c’est qu’un évènement clé du film rappelle clairement l’un des gros évènements de la série de Whedon « Buffy contre les Vampires » (et franchement j’ai vu 4-5 épisodes par-ci par-là)… et il s’est fait plaisir le cochon ;)

La Cabane dans les Bois (Cabin in the Woods)
Sorti française le 2 mai 2012
Réalisé par Drew Goddard (scénariste sur Cloverfield, mais aussi Buffy contre les vampires, Angel, Alias et Lost !) et produit par Joss Whedon (Buffy contre les Vampires, Angel, FireFly et Serenity)
Avec Chris Hemsworth (Thor, le Star Trek de JJ Abrams), Jesse Williams (Grey’s Anatomy), Fran Kranz (Dollhouse), Anna Hutchison, Kristen Connolly
Interdit au moins de 12 ans

20th avr2012

[Ciné] The Avengers

by Kasilla

Lorsque que suis partie plus tôt du travail (merci patron ^^) ce mardi 17 avril 2012, j’étais évidemment hyper excitée à l’idée de découvrir le dernier film issu des comics Marvel : The Avengers. Mais bon, j’ai la fierté d’être assez difficile cinématographiquement parlant et quand quelque chose me déçoit, je ne me gène pas pour le dire (mes lecteurs fidèles pourrons vous le confirmer ^^).

Après Ironman (on parle pas du 2 hein :/) et Hulk en 2008 , Thor et Captain America en 2011 – avec en plus Black Widow et HawkEye – en 2012… et je peux vous dire que moi ça fait BEAUCOUP plus de temps que ça que j’attends cette adaptatation ciné. Aussi, j’ai conscience de m’y être rendu d’abord avec une certaine hâte, mais surtout avec l’envie de ne pas me ‘moucher du coude’ si j’étais déçue. Donc voilà le résultat… j’ai adorée ! :D

Car s’il n’y avait pas eu un film par Avenger, celui-ci aurait certainement était très fastidieux. Mais là on connait déjà un peu les personnages, donc pas de flash-back ou « Précédemment dans… » : on entre dans le vif du sujet. Attention, ça ne veut pas non plus dire que si vous avez loupé HulkThorn ou Ironman, vous n’y comprendrez rien… c’est tellement bien orchestré que même si vous n’en avait vu aucun, l’histoire demeure intéressante. Elle est juste plus prenante si vous connaissez déjà l’univers, car c’est bourré de références ;)

Stark a toujours son humour provocant, Rogers sa droiture, Banner sa tronche de troll battu… et Thor son petit air Otin (dit avec l’accent allemand). Chacun à sa personnalité et on peut parfois penser que ça va tourner en eau de boudin… mais ils vont finir par trouver un intérêt commun et former la fameuse team issue des esprits géniaux du Dieu Stan Lee et du magicien Jack Kirby (du comics Avengers, dont le 1er tome est paru chez Marvel Comics en 1963).

Chose excitante, Steve Rogers a un beau p’tit cul, aussi bien dans son jogging que dans son uniforme de Captain America :3 (par contre ils auraient pu éviter le casque hein !) Par contre, j’ai trouvée Scarlett Johanson assez peu crédible dans le rôle de Black Widow : le roux ne lui va pas, l’uniforme non plus (trop grosses hanches ;p) et elle n’est pas crédible 2 secondes en russe :/ Par contre Maria Hill, l’assistante de Nick Fury au sein du S.H.I.EL.D. (Samuel Lee Jackson !) est 10 fois plus sensuelle (pourtant c’est Cobie Smulders… qui a jouée dans How I Met Your Mother ^^’) et Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) d’enfer dans son petit short en jean… mais bon, ce n’est qu’un avis de fille ;p

Côté scénar, l’histoire est assez basique pour un comics : un méchant se pointe, il veut foutre la merde et les gentils rappliquent pour tenter de l’en empêcher. Après on pimente un peu avec une organisation secrète (le S.H.I.E.L.D pour Strategic Hazard Intervention, Espionage Logistics Directorate… sont pétés d’oseille !) qui se croit plus forte que tout le monde, un héros décongelé et un peu pommé, un autre en exil et un artéfact sacrément dangereux… bref !

Pour ne pas trop vous spoiler, je dirais juste que pour moi l’un des Vengeurs a un rôle un peu plus en avant que les autres, disons un peu plus travaillé : c’est celui qui surprends le plus et qui génère les plus grosses réactions (positives !)… je vous laisse deviner lequel est-ce ;) Mais globalement ils ont tous leur petit moment de faiblesse et de gloire… jouissif ^^

Petit point noir : Loki (Tom Hiddleston). C’est tout de même le demi-frère de Thor et un dieu d’Asgaard… et là il apparaît comme un bouffon totalement mégalo, pas 2 sous de jugeote, genre qui obéis aux ordres qu’on lui a donné et crois sincèrement que tout ça va se passer comme il le souhaite. J’ai du coup adorée l’une des dernières scènes où il apparait… quand vous la verrez, vous saurez de laquelle je parle (bobo).

Côté belles surprises – et même issus de super ordinateurs à n’en pas douter – les plans de New-York sont sublimes et donne envie de visiter la ville en volant au creux des bras virils de Tony Stark (le beau Robert Downey Jr… floutch ! #privatejoke). Quant à la scène finale (qui dure plus d’une demie-heure !), elle bénéficie d’une action à couper le souffle et d’effets spéciaux plutôt originaux et tout en restant crédibles. Encore une bonne note !

Donc pour moi – qui ne suis pourtant qu’une modeste ancienne lectrice de comics (et encore, pas des masses non plus : Batman, X-Men, The Darkness, quelques Spiderman et d’autres séries moins connues) – ce pari est réussi. La cohésion entre les personnages fonctionne bien, la trame du scénario se tient, certaines scènes d’actions sont… Waouhhhh (oui, je sais, ça veut tout et rien dire ^^’) !!! Alors même si vous n’y connaissez rien en super-héros mais que vous aimez les bons films d’action avec des super effets de-la-mort-qui-tue-la-vie… courrez voir The Avengers !

J’ai aussi un petit espoir. C’est qu’un maximum de parents emmènent leurs enfants voir ce film et que cela donne à certains l’envie de s’intéresser aux comics. Cet univers est si riche et vaste, emplit d’aventures, d’émotions, de personnages hauts en couleurs, etc etc.  Alors plutôt que simplement leur acheter des figurines articulées ou des parures de lit estampillés The Avengers ou autres… achetez leur des comics, ça me ferait plaisir et ça éveillera leur esprit ^^

The Avengers (Les Vengeurs)
En salle le 25 avril 2012, durée 2h22
Réalisé par Josh Whedon (connu principalement pour la série Buffy contre les vampires)
avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Samuel L. Jackson…

04th avr2012

Atrocious

by Kasilla

Mise en place : 2 lycéens – Cristian et sa soeur jumelle July – aime utiliser leur temps libre pour enquêter sur les légendes urbaines locales. Alors que toute la famille – parents, petit frère et clèbs compris – se rendent dans la grande maison de campagne familiale, nos 2 adolescents rechargent leurs caméras et partent enquêter sur les traces de Melinda…

Tous le monde fera bien entendu tout de suite le rapprochement avec le Projet Blair Witch : des ados fouineurs, une légende urbaine, des caméras pour du found footage version nightshot* Par contre, la légende de la forêt d’El Garraf à Sitges (dans la banlieue madrilène) et du pauvre fantôme Melinda, c’est tout de même moins connu de celle de la sorcière Blair… folklore espagnole oblige ;)

Tel un reportage ou un journal intime, les jours s’égrainent et l’ambiance devient de plus en plus oppressante. Surtout que les ados c’est connu, ça fouille de partout et ça n’écoute jamais ce que disent leurs parents (j’avais dis pas dans le labyrinth petits cons !) !

Chose un peu frustrante, le twist est plutôt évident lorsqu’on est un tant soit peu attentif aux indices. Mais bon, même si on le voit arriver (ou pas), on a tout de même la réponse qu’à la toute fin du film, au sommet de l’angoisse !

Car c’est assez clair que par rapport à un Grave Encounter (vu à Gérardmer mais qui ne valait pas vraiment un article :/), on peut au moins lui reconnaître que la pression est là. La recette utilisée est facile mais assez efficace : l’angoisse monte crescendo jusqu’à l’assaut final. Peut-être un peu trop d’ailleurs, car le film met pas mal de temps à se mettre en place et la première demi-heure risque de sembler molle à certains (mais il où le SAAAAAANG !?!!!)

Pour ma part, je ne suis pas une adepte férue de ce type de film d’horreur, où la peur réside dans un champ de caméra restreint et des hurlements stridents (mais comme je lui aurait bien tranchée la gorge à la crieuse ! gnak gnak), du coup j’ai trouvé Atrocious un peu décevant, facile, prêt mâché… Maintenant ça reste un bon film d’angoisse qui terme en gore, avis aux adeptes.

* : Le found footage est une technique de prise de vue – pseudo réelle – qui a été sur-utilisé ces dernières années notamment dans Cloverfield, Devil Inside et dernièrement Chronicle. Le nightshot est un mode caméra qui permet de faire des prises de vue nocturnes (visuellement très caractéristique, surexposé, dans des tons de noir et vert).

Date de sortie en DVD : 11 avril 2012 ; durée 1h 15
Réalisé par Fernando Barreda Luna
avec Cristian Valencia, Clara Moraleda, Chus Pereiro…
Genre : Horreur, Epouvante, Angoisse
Nationalité : Hispano-mexicain

Pages :«123456»